Kouros : Voile et Voyage au Panama

Amour, Bateau, Voile, Mer, Liberté et Panama

15 octobre 2007

Première sortie sérieuse en solo

mapaDepuis quelques temps je voulais tester a la fois le bateau et mes capacités a faire un long voyage en solitaire. Découvrir si le bateau était prêt, si le capitaine était prêt, et comment gérer le sommeil après des heures de navigation. L'occasion c'est présentée quand j'ai vu que le vent pouvait rester à force 4 deux ou trois jours consécutifs. Bon vent, mais aussi orages au menu.

J'ai décider de faire le tour de l'archipel sans escale. 140 miles ce n'est pas très long, mais suffisant pour une première expérience. 80 miles au près  pour aller au sud, 30 miles au large cap est, et 30 miles travers pour revenir au nord.
Cap toujours loin des îles pour avoir le vent du sud sans perturbations. Départ prévu à 7 heures du matin, retour un jour après dans l'après midi si le vent reste correcte.

SalidaJe suis parti à 7h et demi, cap 300 pour passer au large de l'île Saboga avant de commencer à descendre au Sud. Vent S-SO force 4, grand voile, génois, vitesse 6 noeuds.
Et a commencé la lente descente au sud, 4 grands bords de 80 miles pour descendre de 30 miles. Pendant deux bords, j'ai affalé le Génois pour utiliser un Yankee que j'avais et que je voulais tester. Bonne occasion car le vent forcissait un peu et j'avais un peu trop de voile dehors. Mais le test n'a pas été positif : plus de gite, pas de meilleur cap, et une plus mauvaise vitesse qu'avec le Génois. Donc j'ai changé de nouveau, sans prendre de ris, le vent était fort mais très régulier et les prévisions étaient à la baisse dans la nuit.

Je suis arrivé au sud de San José à 8 heure du soir, de nuit et par une nuit noire sans lune ni étoiles. Pendant la descente, j'ai eu un problème avec le pilote automatique. Le vérin ne fonctionnait plus. Je l'ai changé pour un autre que j'ai en réserve. J'ai changé de cap vers l'est. La vitesse est montée jusqu'à presque 8 noeuds avec la houle. Mais j'ai eu un autre problème avec le nouveau vérin. Il c'est arrêté et la lumière a vacillé en même temps. J'ai déjà fait une réparation de ce vérin dans le passé, et j'ai cru qu'elle n'avait pas tenue. J'ai arrêté le pilote et décidé de continuer en barrant moi même. Je pouvais dire adieu à une petite sieste dans la nuit. Ce bord a été fatiguant mais un pure plaisir de navigation. Dommage que je ne pouvais pas voire la mer autour de moi. Il y avait des moutons, quelques déferlantes et le bateau était bien réglé pour utiliser chaque centimètre de toile pour le vent. Un pur plaisir !

De nuit, sans lune, on ne peut rien voir autour. Il y a le bateau, la lumière de l'écran du GPS, et le noir de toutes parts. Je n'ai vu du sud de l'archipel. Un moment un peu angoissant : le chemin entre la pointe de Isla Galera et Banco San Jose. Un espace sans danger de 7 miles entre eux, mais avec la nuit, les cartes assez peu précises dans ce coin, et le peu de connaissance de la zone, l'angoisse de s'approcher trop près de la terre est toujours en tête.

A 3 heures du matin,, je commençais à revenir vers le nord, toujours au large après au changement d'amure. Peu à peu le vent baissait, un peu naturellement, et par la suite à cause de l'abri que forme l'Isla del Rey. C'est l'île la plus grande de l'archipel : 16 miles de longueur. La mer était très calme et la vitesse est restée à 5 noeuds jusqu'à 6 heures du matin. Le soleil a commencé à se lever sur l'horizon, le vent baissait de plus en plus, et le capitaine content de voir enfin la mer, le bord des îles, et un peu plus que ce tunnel noir qu'il avait vu toute la nuit.

Petit café, sandwich, cigarette, la lumière du jour commence a réchauffer un peu l'atmosphère. Le soleil no voulait pas vraiment sortir, à sa place, la pluie à commencé à tomber doucement. Plus de vent, 2 noeuds, les voiles faseyant avec la houle du sud, et deux heures d'attente avant de mettre le moteur pour sortir de l'abri de l'île. 40 minutes de moteuraprès, le vent revient, presque de l'ouest, pour terminer ce voyage jusqu'à Contadora, petit point à l'horizon.

Toute la matinée fut sous la pluie, petite pluie, qui passe partout dans la chemise jusqu'aux os. C'est une chance que la température ici ne descende pas en dessous de 25 degrés !
Long bord jusqu'au nord de Contadora, loin des îles, ou j'ai pu lire un peu, faire une sieste de 15 mn et utiliser de nouveau le pilote après avoir chargé les batteries et une petite révision.

En arrivant à Contadora, la pluie c'est arrêté, et j'ai pu ammarer la bouée tranquillement, et débarquer facilement.
140 miles, 30 heures, une moyenne de 4,7 noeuds, content d'arriver mais pas complètement satisfait de ce test. Avec l'avarie de pilote, je n'ai pas pu tester le sommeil par morceaux de 30 mn, comme on doit le faire dans les longues croisières. Mais j'ai pu faire un bilan de tout ce que j'ai appris dans ce voyage :

  • Monter au vent est réellement au moins trois fois plus long en distance et en temps.

  • Kouros a un angle mort réel face au vent de 110°.

  • Le plus sûr est le plus loin de la terre. Je me sentais mieux en haute mer que près des îles.

  • Dormir est une nécessité, et on ne peut pas dormir sans un matériel solide et fiable.

  • Le yankee ne peut pas être utilisé seul, ce n'est pas une voile pour mon bateau.

  • Une capote est indispensable pour le confort dans le cockpit.

  • Un répétiteur de cap et de vitesse est précieux pour pouvoir faire un somme dans la cabine au lieu de rester dans le cockpit. On peu ouvrir un oeil et vérifier que tout est en ordre.

  • Définitivement je n'ai pas besoin d'anémomètre, la mer me donne toutes les informations dont j'ai besoin.

  • La ligne de survie est indispensable pour faire quoi que se soit sur le pont.

  • Le confort en navigation est une partie importante de la sécurité. Un homme fatigué, humide et ayant froid ne fait pas toujours un bon capitaine.

  • Donner des nouvelles le plus fréquemment possible est très importants pour les proches.

  • Voir son épouse sur la plage est le meilleur accueil qui peut exister (Gracias Josie !)

A peine rentré à la maison, mon esprit était déjà en train de planifier de futures sorties, plus longues, avec plus d'expérience, avec plus de sécurité et, peut être, avec une équipière et plus de nuit devant des plages de rêve (Tu me comprends mon amour ?).

Posté par kouros à 14:00 - Récits - Commentaires [0] - Permalien [#]



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