10 décembre 2008
Antifouling : Essaillez le !
Pour ceux qui ne savent
pas, une coque de bateau a l'énervante habitude d'être
le terrain de jeux préféré des algues,
coquillages, huitres et autres charmantes bestioles de notre océan
bien aimé. Si je ne devais par naviguer, je me ferrais une
joie de m'en servir comme ferme marine pour remplir mon assiette de
fruits de mer.
Mais quand on navigue,
tout ce bazar freine énormément le bateau, sans compter
l'esthétique de mon fier destrier qui en prend un coup quand
je veux frimer sur les pontons.
Et ces charmantes
bestioles collent et se reproduisent à une allure folle sous
les tropiques. C'est bien simple, grattage tous les mois minimum si
je ne veux pas rapidement me trainer 100 kilos de barbe sous le
bateau.
Mais fort heureusement la
technologie est là pour nous sauver !
Je dis « la
technologie » car il ne s'agit plus d'une bête
peinture, mais d'un produit de haute technologie qui demande bac+5 en
chimie pour pouvoir l'appliquer de manière adéquate.
J'ai nommé le produit miracle : l'antifouling.
L'antifouling est un produit formidable qui s'applique très simplement, (après une couche de primaire puis une couche de finition avec des peintures spéciales attention car certaines sont non compatibles entre elles), qui sèche en un temps record, qui ne contient aucun produit polluant, et qui, et c'est là le miracle, vous donne 3 ans de tranquillité avec ces chères bestioles.
Bon, évidemment,
primaire + finition + antifooling la facture avoisine rapidement les
1000 roros.
Sans la main d'œuvre,
cela va sans dire.
Mais quand il s'agit de
haute technologie, on ne compte pas, ça ferait mesquin.
Le bilan, c'est que j'ai
connu des arnaques moins douloureuses dans le bas du dos.
Après 5 mois, les
algues reviennent. Après 9 mois, les coquillages sont comme
chez eux.
J'ai caréné
en mars 2008, je vais passer le réveillon sous la coque
à gratter les coquillages.
Alors j'ai bien relu la
notice et je peux vous dire que les 3 ans sont bien mentionnés
!
Oh bien sur! sans
garantie! seulement une tirade dans le genre « ...
gnagnagna produit miracle ... gnagnagna ... jusqu'à trois ans
sans salissures ... ». Il est vrai que « jusqu'a »
inclus « seulement 9 mois ».
Je devais refaire toute la base de la peinture sur ma coque alors je ne le regrette qu'a moitié, mais j'ai quand même en travers de la gorge le produit miracle à 150 dollars le gallon !
Conclusion : les
fabricants de poudre de perlin pinpin ne me reverrons plus.
Je ferrais mon carénage
moi même sur la plage.
Et je me ferrais ma
mixture comme Antoine, avec de la peinture à l'eau, et qui
tiendras certainement aussi longtemps que cette merdouille poisseuse.
Ha! oui, j'oubliais, le
fabricant de ce produit miracle s'appelle SIGMA. Mais vu ce que l'on
peut lire sur tous les forums, les autres fabricants ne valent guère
mieux.
Essayez le, vous m'en direz des nouvelles !
30 septembre 2008
Célàquifoetre, c'est sur !
Avant mai 2008, je n'ai jamais vu un bateau mouiller devant l'ile de Saboga. Les nobles navigateurs tourdumondiste passant par les Perlas, arrive entre Contadora et Saboga, et, dans la méconnaissance du coin, mouillent là ou il y a d'autres bateaux, c'est à dire devant la playa Hejecutiva en saison des pluies. Réflexe logique et naturel dans un coin ou les récits poussent de partout.
Depuis mai 2008, il n'est pas rare de voir un, deux trois, voir tous les voiliers de passage devant l'ile de Saboga.
D'où vient ce changement de préférence alors qu'aucun guide à ma connaissance n'a jamais parler de ce mouillage ?
Et bien je doit dire humblement que c'est un peu ma faute. J'ai déménagé à Saboga en mai dernier, et Kouros trône noblement devant mon terrain, dans une baie calme et belle comme une carte postale.
Quel rapport ?
Hé bien il n'est pas rare que le noble navigateur de passage arrive entre Contadora et Saboga, et aperçoit un seul voilier au mouillage : Kouros.
« Si lui il est là, c'est là qu'il faut être », ce disent-il, et voilà un, puis deux, puis trois voiliers dans la baie, devant le village, et devant les yeux étonnés des villageois qui n'ont jamais eu que la compagnie des Camaroneros et des Lanchas locales.
L'homme est un animal social, et il est naturel, et inévitable que la tendance du solitaire soit au regroupement avec ses congénère quand il en a l'occasion.
Ce qui est drôle parfois, c'est que ce comportement fasse oublier les réflexions les plus élémentaires du monde marin.
La baie de Saboga est très peu profonde, Kouros peu y rester car c'est un dériveur, et encore, parfois avec quelques centimètres seulement sous la coque à marée basse. Nous avons couramment un maréage de 5 à 6 mètres dans le coin, sans parler des grandes marées qui peuvent atteindre 7 mètres.
L'autre soir, un beau quillard d'au moins 17 mètres a du se dire : « Si lui est là, c'est là qu'il faut être », et oubliant sans doute de regarder son sondeur ou sa table des marées, il est venu se poser à quelques mètres de Kouros.
Je me suis dit qu'il devait faire une simple halte, car il ne risque pas de tenir à marée basse. Mais que neni, « célàquifoetre ! », et il c'est installé pour la nuit.
Mais le soir venu, branle bas de combat, quand la quille a commencé à caresser les cailloux d'un grincement lugubre.
Démarrage moteur, rangement en catastrophe du cockpit, et départ précipité pour des fonds plus accueillants.
Ce spectacle n'est pas rare, ici, et de partout dans le monde, il suffit d'être dans un endroit désert pour voir arriver un compagnon qui se pose quasi sur notre ancre. C'est mignon, parfois énervant, parfois dangereux, et parfois rigolo comme mon navigateur distrait de l'autre soir.
Messieurs et Dames navigateurs(trices) adeptes du « célàquifoetre », sans vouloir porter atteinte à vos compétences, il est possible que vous passiez parfois pour des imbéciles en étant un peu plus original, mais vous ne laisserez aucun doute à ce sujet en suivant bêtement le premier venu.
05 septembre 2008
Un peu de voile
Voila bien longtemps que
nous n'avons pas fait de sortie loisir avec Kouros. Le programme est
pour le moment très utilitaire : Contadora, Panama, Saboga,
Contadora, Panama ...
Beaucoup de miles au total, mais un peu de
monotonie. Les sujets du moment sont plus terrestres : construction,
location, équipement ...
Mais dans ces trajets utilitaires
il y a de bons moments de plaisir. Le dernier voyage à Panama
a pu se faire entièrement à la voile, avec un bon vent
du sud et parfois avec 1 ris. Aller au portant et retour au près
dans une mer un peu formé. Kouros c'est bien dégourdi
les ailes et j'ai pu affiner quelques réglages pour sa tenue
au près et d'autres bricoles comme le fonctionnement du frigo
et l'éclairage à bord.
J'ai constaté
également une petite fuite d'eau de mer sur la pompe de
refroidissement du moteur. A réparer au prochain voyage à
panama.
J'installe bientôt une capote. Instrument un peu
encombrant mais qui nous permettra de naviguer plus facilement par
tous les temps en saison des pluies, et nous protègeras du
soleil en saison sèche. J'ai tous les morceaux, il me reste à
faire un peu de montage et à faire coudre la toile.
J'en
reparlerais bientôt.
Drôles de types !
Les hasards de la vie font rencontrer de drôles de types.
Un mail m'arrive me demandant de l'aide pour une lointaine, très lointaine connaissance qui est de passage à Panama. Jusque là, rien de formidable.
Ce qui est étonnant c'est que ce drôle de bonhomme fait le tour du monde en side-car. Ils sont partis de bon matin, deux couples, pour 1 an de ballade et quelques 65000Kms de routes, et de chemins, devant eux.
Mongolie, Japon, Etats Unis, Amérique centrale ...
Je vous les laisse découvrir sur leur site : Passagers du monde
Michel, Pascale, Alain et Sylvie : BRAVO !
01 juin 2008
Déménagement
Ca y est !
Nous avons déménagé sur l'île de Saboga. Nous devions vendre notre maison de Contadora, un peu par goût d'aller sur une île plus “sauvage” et un peu par obligation (vous savez, divorce, partage et toute ces choses rigolotes).
Donc le 15 mai nous avons fait la “mudanza”. L'opération demande pas mal de manutention : on charge un pickup, on vat à la plage, on charge la “lancha”, voyage de 20 mn jusqu'a Saboga, déchargement sur les rochers, et on termine par la montée du bazard sur la longue pente qui mène à la maison.
Evidemment, il a fallu plusieurs voyages de pickup, de lanchas et d'interminable portée de carton dans la côte.
Heureusement, ici on trouve la main d'oeuvre facilement et ils ne rechigne pas au travail. Parce que sous le soleil c'est un calvaire de faire des efforts physiques.
Et heureusement, ma petite chérie avait admirablement bien préparé le travail en faisant les cartons. Travail bien préparé est travail à moitié fait.
Le soir nous avons dormi chez des amis à Contadora (Merci Max et Jeanne) et nous avons terminé l'installation provisoire par l'arrivée des chiens sur l'île.
Nous avons quatre petites touffes de poils turbulentes et curieuses de tout. Le changement est de taille pour eux. Il y a tellement plus de place et de recoin à explorer !
Notre nouvelle maison vient juste d'être terminée. C'est en fait une petite maison qui servira de maison de gardien lorsque nous aurront réalisé le bâtiment principal. En attendant il est un petit peu difficile de faire rentrer un déménagement complet d'une maison plus grande à une maison plus petite. On Archive dans des cartons tout se qu'on peut pour plus tard ...
La nouvelle propriété est donc composée de cette petite maison ronde, avec une terrase en toit de chaume (paja on dit ici) et une petite maison de jardin pour stocker matériaux et outils pour la construction.
En bas du terrain nous donnons sur les rochers en bord de mer avec en privilège la possibilité d'ammarer le bateau juste en face. La baie est un très bon abris en toute saison.
Maintenant on travaille à mettre en forme le jardin, à installer l'électricité définitive, l'antenne télé, et, comble de luxe, la liason internet avec Contadora.
Car nous n'avons pas le téléphone, mais j'ai pu installé un pont radio avec Max sur l'île voisine et me relier à son ADSL. C'est donc grâce à cela que je peut poster ce premier message après notre déménagement.
07 avril 2008
Attention bière fraiche !
Ca y est, aujourd'hui j'ai installé le frigo. C'était pas de la tarte, j'avais tout regardé bien comme il faut les notices, bien vérifié ce qui me manquais, et tout acheté pour pouvoir installer ça tranquille sur l'île.
Coté approvisionnement pas de problème, j'avais effectivement pensé à tout, coté main d'oeuvre je ne m'attendais pas à autant de boulot.
C'est petit un bateau ! Pas un endroit ou un tube passe sans faire le contorsioniste, pas un trou qui vat en face du bidule, pas un truc qui s'enclenche comme on voudrais. Mais avec une bonne perceuse, le matos adéquat et une journée devant soi : ça marche.
J'ai fait refroidir ma première bière et je l'ai savourée comme un nectar sous les 40° du soleil.
Coté technique : il s'agit d'un groupe Domotic avec refroidissement air et eau (indispensable sous les tropiques), et un evaporateur Adler/Arbour petit modèle (mon frigo est pas très grand).
Consommation 5,3A avec frigo et pompe à eau enclenchée. Temps de refroidissement à partir de la température ambiante (36°) : 1h. Après ça à l'air de pas trop s'enclencher mais il faudra d'autres essais pour voir de plus prêt la consommation de la bête.
Parce que coté conso, j'ai installé une éolienne Aérogène 6. Super, pas bruyante, d'une bonne puissance ... quand il y a du vent. Je crains que les mouillages en eau calme de la saison des pluies ne me donnent pas le vent nécessaire ni le soleil pour le panneau.
Je ferrais mes commentaires après des essais plus complets.
En attendant ... à la votre !
20 mars 2008
Grand jour ! Peinture complète
Kouros est maintenant un vrai plaisir à manoeuvrer. La seule chose importante qui manque, c'est le plaisir de monter sur un beau bateau à l'aspect reluisant. La coque n'a pas étée peinte depuis ??? (10 ans peut être). Le pont était usé et le cockpit couvert de tâches, rayures et autres traces que laisse le temps et les navigations.
C'était décidé
depuis plus d'un an mais maintenant ça y est !
14 mars 2008, je sort le bateau de
l'eau au Balboa Yatch Club. (Que les habitués du canal
connaissent bien !)
Levé de bon matin, nous
commencons par un petit café et le repas des mouettes. En
attendant mon guide qui vat m'aider à amarrer le bateau sur le
trailer.
Le plus difficile, c'est de viser le trailer. Il y a peu de
vent, mais un fort courant qui rend la manoeuvre un peu difficile.
Vive les parres-battages !
Détail des travaux :
Décapage de la coque, ponçage du pont
Jour 2 :
Finitions ponçage pont et ponçage des francs bords
Lavage, lessivage
Mise en place des protections sur le pont et pour la ligne d'eau
Peinture le matin de la couche de Primer (Sigma, 1 couche, 8l, séchage 5h)

Peinture l'après midi du Tie Coat (Sigma, 1 couche, 8l, séchage 8h)
Peinture Primer pont et réalisation des plaques antidérappantes en sable
Jour 3 :
Peinture 3 couches d'antifooling par période de 3h (Sigma, 12l au total)
Peinture du pont complet avec le Primer
Jour 4 :
Peinture du pont mais arrêt par manque de temps et de peinture ! 8L ne suffisent pas, le sable pompe énormément et je n'arrive pas à trouver la même référence dans la matinée
Résultat mitigé. Pour la coque, pas de problème. Le bouleau est bien fait et les temps de séchages impécables. Reste à savoir si les prouesses de l'antifooling (Cu Free) donnée par le fabricant serront à la hauteur. Ils disent 2 ans sans moules, moi je pari sur 6 mois. Je vous donnerais les résultats du pari en temps voulu.
Pour le pont, bof. Les peintres du dernier jour n'étaient pas les mêmes, ils ne savaient pas tenir un pinceau. Il y a des grains de sable un peu partout. Le temps de séchage était trop court et on a pas pu passer la deuxième couche. Résultat un peu décevant.
Du coup on finira la deuxième
couche à la maison, bateau à l'eau. D'une part parce
que je préfère le faire moi même (enfin presque,
avec ma douce qui s'y connais en peinture). Et d'autre part je compte
repasser les plaques antidérapantes d'une autre couleur, La
vision du sable fraichement posé m'a fait grand effet et je
voudrais retrouver cette couleur.
Nous sommes donc reparti à Contadora au moteur, d'une part parce qu'il n'y avait pas de vent, mais surtout parce que tout l'acastillage était protégé ou démonté et que je ne pouvais pas utilisé les voiles. Voyage record à plus de 6 noeuds de moyennes sans forcer sur le moteur. Ca fait du bien de constaté l'efficacité d'un bon lifting. Et puis ce pont bien blanc et ce cockpit bien propre, quel plaisir. Kouros vient de gagner 10 ans !
11 mars 2008
Aller et retour à Panama
Chaque deux ou trois semaines, nous faisons l'aller retour à Panama pour les courses. Le ravitaillement pour manger, pour le bateau, et, plus lourd, pour la construction.
Le voilier est une très belle machine pour découvrir des plages de l'archipel. Pour faire le taxi et les course, c'est un peu plus compliqué.
Réveil à 6 heures du matin, déjeuné rapide et chargement de la voiture.

Je conduit jusqu'a la plage, met le dingy à l'eau et installe le moteur.
Chargement du dingy, un coup de moteur jusqu'au bateau, chargement du bateau, et retour à la plage pour le second voyage (le plus important : pour prendre l'amour de ma vie!)
Installation des équipements de navigation, moteur, et hop, le voyage commence. Sept heures si le vent est très bon ou au moteur, 8, 9 ... si le vent nous boude.
C'est le moment de se reposer, quand le vent ne change pas de force ou de bord.
Arrivée à la marina Balboa :
Déchargement dans la navette de la marina, porter le bazard sur le ponton, puis porter le tout jusqu'a la voiture (300 mètres), et, enfin, nous sommes dans la ville, prêt à acheter les magasins.
Le retour est plus difficile. Nous avons beaucoup plus de choses et je met le bateau au ponton pour charger et prendre eau et gas-oil. Le plus difficile est de trouver un endroit pour chaque chose. Quand il y a du volume, le pont ressemble au marché aux puces.
Voyage de retour, toujours une heure de plus à cause des courants contraires. Arrivée sur l'île, 2, 3 ou 4 voyages en dingy, voiture, maison, dodo ... ouf !
Certains me demandent comment je fais pour rester mince en mangant comme quatre. Maintenant ils savent.
Quelques fois je rêve de ces bateaux rapides qui peuvent charger directement sur la plage ... quelques fois ... mais je ne changerais pas mon bateau pour un autre, quelque soit le nombre de chevaux qu'il y a dans le moteur.
Je vais me reposer, a bientôt !
26 février 2008
Dauphins !
Pour un marin, c'est une rencontre courante. Mais on est jamais blazé de cette compagnie. Ils suivent le bateau, jouant de gauche à droite devant l'étrave, ils sautent parfois pour nous saluer. C'est toujours un instant magique.
A voir, filmé depuis le pont de Kouros :
21 février 2008
Eclipse de lune
Ce 20 février, à 8h45, la luna c'est couverte de rouge peu à peu.
Je voulais seulement partager cette image.














