19 octobre 2009
Mon marché aux puces
Sur une petite île, il n'y a (quasiment) pas de magasins. On y trouve juste l'essentiel, et encore, les voyages à la ville sont indispensables. Alors pas de sortie shopping, pas de lèche vitrine, pas de découverte de nouveauté, pas de soldes, et pas d'achat compulsif.
Mais on a beaucoup mieux.
Mon marché aux puces à moi, c'est la plage. Je parle d'une vraie plage, naturelle, où le vent souffle, où il n'y a pas d'immeuble ni de vendeur de soda, où l'eau est celle du grand large, où les raies sautent de temps en temps pour vous saluer, où les poissons sont vos compagnons de baignade et où la marée apporte de bien jolis cadeaux.
Dans un magasin, on sait ce que l'on va chercher, au marché aux puces, on y va sans savoir quel trésor on va dénicher. Mon marché aux puces à moi, il est comme ça, avec la carte de crédit en moins.
Voici un extrait de mes dernière emplettes :
Ce coco nain m'a fait de l'œil, son petit air triste m'invite à le mettre dans ma besace pour lui donner un petit coin de soleil dans notre maison.
Celui là est hirsute, il me fait penser à la coiffure de mes 16 ans.
Voila on beau pilier qui trouveras sont usage dans le jardin. En plus le bois qui est resté en mer est insensible aux termites et ne pourri pas avant des années.
Celui là, je l'appelle "rêve sulfureux", il me fait penser à un homme qui dort. Je ne le ramènerais pas, il restera dans ma mémoire.
Un crâne de pélican nettoyé par des mois de soleil et d'eau de mer. Sa carcasse m'a fait de la peine, mais son long bec est magnifique.
Et évidemment, je trouve une petite orchidée d'une variété que je n'ai pas encore. Elle est magnifique et demande juste d'être posé sur un bout de bois pour vivre et donner des années de fleurs blanches. (Et elle fera plaisir à ma douce)
Et j'ai des souches torturées, une carcasse de bateau en bois, des lianes tressées comme par une main de géant, des graines de multiples variétés qui décorent le salon, des coquillages, des cailloux, du sable ...
Dans 2000 ans, quand mes descendants feront des fouilles dans le jardins, ils se demanderont ce que pouvait faire grand père avec tout ce bric à brac.
Et bien, grand père, il rêvait.
04 mars 2009
Marea Roja
Marée rouge !
La mer est bizarre, anormalement foncée et très trouble. Lorsqu'on s'approche de ces zones sombres on se demande d'abord si il s'agit de pollution, puis on voit bien qu'il s'agit d'autre chose. Ce sont des nappes d'algues et de plancton qui donnent à l'eau cette couleur rougeâtre et qui rend toute plongée impossible. On n'y voit rien à 10 cm !
C'est un magma dense de particules vivantes qui se balade au grès des courants, notamment lorsque le courant de Humbolt vient refroidir nos eaux habituellement si chaudes. En effet, l'eau descend à 20° en surface, et nettement plus bas en dessous de 3m.
La pêche est difficile dans ces nappes rouges, mais elles attires les gros poissons qui viennent roder autour en suivant la nourriture de leur nourriture. Les petits mangeurs de planctons pullulent, et les chasseurs les suivent. Mais la pêche est difficile car la plongée est illusoire, et la pêche à la traine change complètement de règles. Ce ne sont plus les mêmes proies, plus les mêmes endroits et plus les mêmes leurres. Les plus habiles reviennent avec des prises records, les autres (comme moi) reviennent bredouilles et attendent que la marée rouge passe son chemin. Je guette une marée claire, pour aller vérifier si le roche plein de pargots que je connais bien me fournira de quoi remplir le frigo.
En attendant, je regarde la marea roja, qui prend des airs flamboyants au soleil couchant.
01 janvier 2009
Ma chanson préférée pour vous souhaiter plein de bonnes choses en 2009
30 septembre 2008
Célàquifoetre, c'est sur !
Avant mai 2008, je n'ai jamais vu un bateau mouiller devant l'ile de Saboga. Les nobles navigateurs tourdumondiste passant par les Perlas, arrive entre Contadora et Saboga, et, dans la méconnaissance du coin, mouillent là ou il y a d'autres bateaux, c'est à dire devant la playa Hejecutiva en saison des pluies. Réflexe logique et naturel dans un coin ou les récits poussent de partout.
Depuis mai 2008, il n'est pas rare de voir un, deux trois, voir tous les voiliers de passage devant l'ile de Saboga.
D'où vient ce changement de préférence alors qu'aucun guide à ma connaissance n'a jamais parler de ce mouillage ?
Et bien je doit dire humblement que c'est un peu ma faute. J'ai déménagé à Saboga en mai dernier, et Kouros trône noblement devant mon terrain, dans une baie calme et belle comme une carte postale.
Quel rapport ?
Hé bien il n'est pas rare que le noble navigateur de passage arrive entre Contadora et Saboga, et aperçoit un seul voilier au mouillage : Kouros.
« Si lui il est là, c'est là qu'il faut être », ce disent-il, et voilà un, puis deux, puis trois voiliers dans la baie, devant le village, et devant les yeux étonnés des villageois qui n'ont jamais eu que la compagnie des Camaroneros et des Lanchas locales.
L'homme est un animal social, et il est naturel, et inévitable que la tendance du solitaire soit au regroupement avec ses congénère quand il en a l'occasion.
Ce qui est drôle parfois, c'est que ce comportement fasse oublier les réflexions les plus élémentaires du monde marin.
La baie de Saboga est très peu profonde, Kouros peu y rester car c'est un dériveur, et encore, parfois avec quelques centimètres seulement sous la coque à marée basse. Nous avons couramment un maréage de 5 à 6 mètres dans le coin, sans parler des grandes marées qui peuvent atteindre 7 mètres.
L'autre soir, un beau quillard d'au moins 17 mètres a du se dire : « Si lui est là, c'est là qu'il faut être », et oubliant sans doute de regarder son sondeur ou sa table des marées, il est venu se poser à quelques mètres de Kouros.
Je me suis dit qu'il devait faire une simple halte, car il ne risque pas de tenir à marée basse. Mais que neni, « célàquifoetre ! », et il c'est installé pour la nuit.
Mais le soir venu, branle bas de combat, quand la quille a commencé à caresser les cailloux d'un grincement lugubre.
Démarrage moteur, rangement en catastrophe du cockpit, et départ précipité pour des fonds plus accueillants.
Ce spectacle n'est pas rare, ici, et de partout dans le monde, il suffit d'être dans un endroit désert pour voir arriver un compagnon qui se pose quasi sur notre ancre. C'est mignon, parfois énervant, parfois dangereux, et parfois rigolo comme mon navigateur distrait de l'autre soir.
Messieurs et Dames navigateurs(trices) adeptes du « célàquifoetre », sans vouloir porter atteinte à vos compétences, il est possible que vous passiez parfois pour des imbéciles en étant un peu plus original, mais vous ne laisserez aucun doute à ce sujet en suivant bêtement le premier venu.
05 septembre 2008
Un peu de voile
Voila bien longtemps que
nous n'avons pas fait de sortie loisir avec Kouros. Le programme est
pour le moment très utilitaire : Contadora, Panama, Saboga,
Contadora, Panama ...
Beaucoup de miles au total, mais un peu de
monotonie. Les sujets du moment sont plus terrestres : construction,
location, équipement ...
Mais dans ces trajets utilitaires
il y a de bons moments de plaisir. Le dernier voyage à Panama
a pu se faire entièrement à la voile, avec un bon vent
du sud et parfois avec 1 ris. Aller au portant et retour au près
dans une mer un peu formé. Kouros c'est bien dégourdi
les ailes et j'ai pu affiner quelques réglages pour sa tenue
au près et d'autres bricoles comme le fonctionnement du frigo
et l'éclairage à bord.
J'ai constaté
également une petite fuite d'eau de mer sur la pompe de
refroidissement du moteur. A réparer au prochain voyage à
panama.
J'installe bientôt une capote. Instrument un peu
encombrant mais qui nous permettra de naviguer plus facilement par
tous les temps en saison des pluies, et nous protègeras du
soleil en saison sèche. J'ai tous les morceaux, il me reste à
faire un peu de montage et à faire coudre la toile.
J'en
reparlerais bientôt.
Drôles de types !
Les hasards de la vie font rencontrer de drôles de types.
Un mail m'arrive me demandant de l'aide pour une lointaine, très lointaine connaissance qui est de passage à Panama. Jusque là, rien de formidable.
Ce qui est étonnant c'est que ce drôle de bonhomme fait le tour du monde en side-car. Ils sont partis de bon matin, deux couples, pour 1 an de ballade et quelques 65000Kms de routes, et de chemins, devant eux.
Mongolie, Japon, Etats Unis, Amérique centrale ...
Je vous les laisse découvrir sur leur site : Passagers du monde
Michel, Pascale, Alain et Sylvie : BRAVO !
01 juin 2008
Déménagement
Ca y est !
Nous avons déménagé sur l'île de Saboga. Nous devions vendre notre maison de Contadora, un peu par goût d'aller sur une île plus “sauvage” et un peu par obligation (vous savez, divorce, partage et toute ces choses rigolotes).
Donc le 15 mai nous avons fait la “mudanza”. L'opération demande pas mal de manutention : on charge un pickup, on vat à la plage, on charge la “lancha”, voyage de 20 mn jusqu'a Saboga, déchargement sur les rochers, et on termine par la montée du bazard sur la longue pente qui mène à la maison.
Evidemment, il a fallu plusieurs voyages de pickup, de lanchas et d'interminable portée de carton dans la côte.
Heureusement, ici on trouve la main d'oeuvre facilement et ils ne rechigne pas au travail. Parce que sous le soleil c'est un calvaire de faire des efforts physiques.
Et heureusement, ma petite chérie avait admirablement bien préparé le travail en faisant les cartons. Travail bien préparé est travail à moitié fait.
Le soir nous avons dormi chez des amis à Contadora (Merci Max et Jeanne) et nous avons terminé l'installation provisoire par l'arrivée des chiens sur l'île.
Nous avons quatre petites touffes de poils turbulentes et curieuses de tout. Le changement est de taille pour eux. Il y a tellement plus de place et de recoin à explorer !
Notre nouvelle maison vient juste d'être terminée. C'est en fait une petite maison qui servira de maison de gardien lorsque nous aurront réalisé le bâtiment principal. En attendant il est un petit peu difficile de faire rentrer un déménagement complet d'une maison plus grande à une maison plus petite. On Archive dans des cartons tout se qu'on peut pour plus tard ...
La nouvelle propriété est donc composée de cette petite maison ronde, avec une terrase en toit de chaume (paja on dit ici) et une petite maison de jardin pour stocker matériaux et outils pour la construction.
En bas du terrain nous donnons sur les rochers en bord de mer avec en privilège la possibilité d'ammarer le bateau juste en face. La baie est un très bon abris en toute saison.
Maintenant on travaille à mettre en forme le jardin, à installer l'électricité définitive, l'antenne télé, et, comble de luxe, la liason internet avec Contadora.
Car nous n'avons pas le téléphone, mais j'ai pu installé un pont radio avec Max sur l'île voisine et me relier à son ADSL. C'est donc grâce à cela que je peut poster ce premier message après notre déménagement.
11 mars 2008
Aller et retour à Panama
Chaque deux ou trois semaines, nous faisons l'aller retour à Panama pour les courses. Le ravitaillement pour manger, pour le bateau, et, plus lourd, pour la construction.
Le voilier est une très belle machine pour découvrir des plages de l'archipel. Pour faire le taxi et les course, c'est un peu plus compliqué.
Réveil à 6 heures du matin, déjeuné rapide et chargement de la voiture.

Je conduit jusqu'a la plage, met le dingy à l'eau et installe le moteur.
Chargement du dingy, un coup de moteur jusqu'au bateau, chargement du bateau, et retour à la plage pour le second voyage (le plus important : pour prendre l'amour de ma vie!)
Installation des équipements de navigation, moteur, et hop, le voyage commence. Sept heures si le vent est très bon ou au moteur, 8, 9 ... si le vent nous boude.
C'est le moment de se reposer, quand le vent ne change pas de force ou de bord.
Arrivée à la marina Balboa :
Déchargement dans la navette de la marina, porter le bazard sur le ponton, puis porter le tout jusqu'a la voiture (300 mètres), et, enfin, nous sommes dans la ville, prêt à acheter les magasins.
Le retour est plus difficile. Nous avons beaucoup plus de choses et je met le bateau au ponton pour charger et prendre eau et gas-oil. Le plus difficile est de trouver un endroit pour chaque chose. Quand il y a du volume, le pont ressemble au marché aux puces.
Voyage de retour, toujours une heure de plus à cause des courants contraires. Arrivée sur l'île, 2, 3 ou 4 voyages en dingy, voiture, maison, dodo ... ouf !
Certains me demandent comment je fais pour rester mince en mangant comme quatre. Maintenant ils savent.
Quelques fois je rêve de ces bateaux rapides qui peuvent charger directement sur la plage ... quelques fois ... mais je ne changerais pas mon bateau pour un autre, quelque soit le nombre de chevaux qu'il y a dans le moteur.
Je vais me reposer, a bientôt !
26 février 2008
Dauphins !
Pour un marin, c'est une rencontre courante. Mais on est jamais blazé de cette compagnie. Ils suivent le bateau, jouant de gauche à droite devant l'étrave, ils sautent parfois pour nous saluer. C'est toujours un instant magique.
A voir, filmé depuis le pont de Kouros :
06 décembre 2007
Un plaisir solitaire !
La bateau est à la bouée. Vent Sud-Ouest. Hisser la grand voile, larguer l'amarre, hisser le yankee, ça y est je glisse sur l'eau sans moteur, sans bruit ...
Mouillage de Saboga, descendre le yankee, remonter face au vent avec la grand voile, mouiller l'ancre, descendre la grand voile, sans moteur, sans bruit, tranquillement ...
Retour à la bouée, 2 heures de traversée, descendre le yankee, loffer jusqu'à la bouée, choque l'écoute de grand voile, prendre la bouée, sans moteur, sans bruit ...

Voyage uniquement à la voile, plaisir solitaire, sans moteur, sans bruit ...











